« Si l’on ne finit pas dans les 3 premières places, ce serait un échec »

Interview de Thierno Bah, nouvel entraîneur de la première équipe du FC Versoix (2ème ligue)

Thierno Bah et quelques une de ses nouvelles recrues(De gauche à droite) : Roberto Paratore (Directeur Technique) – Karim Robin – Grégoire Mvodo – Thierno Bah (Entraîneur) – Yacin El Tayar – Bastien Beuchat

Thierno Bah, racontez-nous votre parcours de footballeur ? 

J’ai eu la chance de commencer jeune. A 16 ans, je jouais déjà avec la première équipe du FC Servette en Super Ligue, avec Gérard Castella comme entraîneur. C’était en 1998-1999, l’année du titre !  Je suis resté à Servette jusqu’à la faillite en 2005 et ensuite je suis allé jouer 4 ans à Neuchâtel Xamax. Après, ça j’ai joué à Dubaï avant de revenir à Lausanne et de repartir 2 ans à l’étranger. En 2014, je suis revenu jouer dans mon club formateur, l’Etoile-Carouge en Promotion League. Ma dernière année là-bas, je l’ai fait en tant qu’entraîneur-assistant, avant d’aller entrainer la première équipe de Perly (2ème ligue) l’année passée. Et cette année, je suis ici à Versoix ! 

C’est donc assez nouveau ce rôle d’entraîneur pour vous ? 

Oui, c’est assez frais ! J’ai eu la chance durant mes années comme joueur professionnel de côtoyer des entraîneurs comme Gérard Castella ou Lucien Favre, et bien d’autres. Croiser tous ces différents entraîneurs m’a permis d’avoir beaucoup d’expérience et de savoir ce qu’il faut faire ou ne pas faire. C’est vrai qu’au début, je ne me destinais pas forcément à entrainer, mais j’y ai pris goût. 

Qu’est-ce qui vous a plût dans le métier d’entraîneur ?

C’est une autre manière de voir les choses. Parce que lorsque tu es joueur : tu t’entraînes, tu te douches et tu rentres. Quand tu es entraîneur, il y a tout un travail derrière. Tu dois préparer les entraînements, gérer l’ensemble de l’équipe, être tacticien et après les matchs, tu dois voir ce qui a été et ce qui n’a pas été. Tu ne te focalise plus sur toi-même, mais sur l’équipe ! Et ça, ça me plaît vraiment. 

Parmi les différents rôles qui occupent l’entraîneur, lequel vous intéresse le plus ?

C’est de faire progresser les jeunes joueurs et de créer une équipe à ton image. Ça veut dire que tu mets des tactiques en places que tu travailles à l’entraînement et tu espères les retrouver le week-end lors des matchs. C’est d’autres émotions que quand tu es sur le terrain. Quand tu es sur le terrain, tu es acteur, tandis qu’en tant qu’entraîneur tu ne peux pas agir directement sur le terrain, mais tu essayes d’inculquer ta philosophie de jeu à l’équipe et transmettre ton expérience.  

Comment l’expérience que vous avez acquise lors de votre carrière professionnelle peut-elle vous être utile en tant qu’entraîneur ? 

C’est plus facile… Le fait d’avoir été sur le terrain, d’avoir connu différentes émotions, de savoir ce que ça fait de se faire mal, d’avoir joué avec différents joueurs…Je sais donc bien ce que mes joueurs ressentent à différents moments et je peux leur donner des conseils car je suis passé par là. Ça me permet donc de les aider à progresser, tant au niveau des émotions que d’un point de vue tactique. Dans le foot, il faut soigner les petits détails et être professionnel même si l’on joue à un niveau amateur. 

Qu’est-ce qui change dans la gestion d’une équipe lorsque l’on entraîne des amateurs et non pas des professionnels ? 

Il y a plus d’exigences au niveau pro parce que tu as la pression du résultat, il y a de l’argent en jeu et les médias… Il y a d’autres paramètres qui entrent en compte. Les joueurs sont payés pour ça et donc ils doivent répondre présent. Alors qu’en 2ème ligue, les joueurs gagnent leur vie grâce à leur boulot, et s’ils ne peuvent pas venir car ils sont retenus au travail. Il faut savoir l’accepter et jongler avec ça. 

Pourquoi avez-vous fait le choix de rejoindre le FC Versoix ? 

Versoix, c’est un club que je connais depuis tout petit, car je venais souvent dans la région. Je connais aussi bien Simon Pidancet (Ndlr. Ancien président du FCV), que j’ai rencontré lorsque j’ai commencé à jouer en pro au FC Servette en 1999. C’était lui le physiothérapeute du club. On s’est oujours bien entendu. A la fin de la saison passée, il m’a contacté et l’on s’est rencontré pour qu’il m’explique le projet et notamment le fait que le FC Versoix voulait changer de direction et recommencer à zéro cette année. Je sais que Simon Pidancet connaît bien le foot et le projet m’a beaucoup séduit. Je suis un compétiteur dans l’âme et je me suis dit : « allez je relève le défi ».  

Quel est l’idée derrière ce projet exactement ?

L’idée c’est de faire jouer les jeunes du club, mais aussi de ramener quelques joueurs expérimentés pour avoir une équipe compétitive. Et surtout, essayer de donner de la joie aux supporters…. (rire) Je n’en dirais pas plus. 

Quels changements dans l’effectifs de l’équipe par rapport à l’année passée ? 

Je pense que l’on s’est un peu renforcé. Il y a eu des anciens versoisiens qui sont revenus comme Mergim Ferati et Yacin El Tayar. J’ai fait aussi venir 4 autres recrues expérimentées qui peuvent apporter beaucoup à l’équipe. Tous ces joueurs sont avant tout des bonnes personnes, car je sais que Versoix est un club familial. Il ne fallait donc pas ramener que des joueurs par rapport à leurs qualités footballistiques, mais aussi en fonction de leur qualité humaine, de leur personnalité. J’ai donc ramené des joueurs dont je savais qu’ils allaient bien s’intégrer au club.  

Un effectif donc assez renouvelé par rapport à l’année passée ? 

Oui. Après, il y a une bonne base qui est restée. Ajouté à cela les quelques recrues et les jeunes, ça nous fait vraiment une bonne équipe. 

Quels sont vos objectifs pour cette saison ? 

L’objectif, c’est de gagner les matchs. On va se préparer chaque semaine pour le match du weekend et essayer de tous les gagner. Après, on verra comment ça se passe, car vous savez, le football est très imprévisible. Mais, on ne va pas se mentir, avec l’équipe que l’on a, on doit jouer le haut de tableau, c’est clair. Si l’on ne finit pas dans les 3 premières places, ce serait un échec. Mais je sais que l’on va être attendu par les autres équipes et ça ne va pas être toujours facile de gagner.  

Un peu de pression quand même car vous faites partie des favoris ?

Oui, mais ça, ce sont les gens qui le disent. Nous savons ce que nous valons et c’est clair que pour une deuxième ligue, on a une bonne équipe. Après, il ne faut pas gagner les matchs avant de les avoir joué. Chaque match a son histoire et il faudra faire beaucoup d’efforts sur le terrain pour les gagner. 

L’année passée, l’équipe a longtemps été en tête du championnat avant de craquer sur la fin. Que pouvez-vous apporter pour que cela ne se reproduise pas ? 

Un peu plus de discipline sur le terrain. Je pense que les joueurs étaient un peu dissipés et pas assez concentrés. C’est peut-être une des raisons qui explique que l’équipe n’est pas montée la saison passée. Après, je n’ai pas tout suivi ce qui s’est passé en interne et peut-être qu’il y a d’autres raisons. Mais maintenant, on repart sur une nouvelle dynamique et ce que je peux apporter, c’est de la stabilité et de la discipline sur le terrain, ainsi que mon expérience. J’ai joué dans plusieurs championnats, j’ai fait des montées en ligue supérieur, mais aussi bataillé pour ne pas être relégués. Je connais donc ces différents types de pression liés à ces situations, et surtout comment les gérer. 

Quel type de football aimeriez-vous que le FC Versoix joue cette saison ? 

(Rire) Je ne vais pas dire un football offensif ou défensif. Pour moi, l’équipe doit se comporter d’une certaine manière lorsqu’elle a le ballon et lorsqu’elle ne l’a pas. Après, on a une belle force offensive, donc dès que l’on aura le ballon, il faudra créer du jeu et prendre du plaisir, car le football c’est avant tout prendre du plaisir. Mais lorsque l’on n’a pas le ballon, il faudra que l’on défende en équipe. L’idée, c’est de mettre en place un bloc équipe défensivement costaud, puis que ça aille vite ensuite devant lorsque l’on a le ballon. Après, cela ne veut pas dire que l’on va balancer des longs ballons devant. Moi j’ai envie que ça joue, j’aime quand ça joue au foot. Il faut donc oser jouer au ballon et c’est ce que j’ai envie de mettre en place. Mais pour cela, il faut qu’il y ait des automatismes et cela commence à l’entraînement et aux matchs amicaux. Pour l’instant, je suis satisfait de la préparation et du niveau de mes joueurs.

Quel est votre modèle comme entraîneur ? 

(Il réfléchit) Dans les entraîneurs que j’ai côtoyés, je dirais Lucien Favre (Ndlr. Entraineur vaudois à la tête du Borussia Dortmund, en Allemagne). J’ai beaucoup aimé sa façon de travailler. Il voulait une équipe qui joue, il voulait donc des joueurs intelligents afin de produire du jeu. J’ai vraiment beaucoup aimé sa philosophie et la façon dont il perçoit le football. 

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